(La date de la mise en ligne des billets ne correspond pas avec celle à laquelle ils ont été écrits en raison des difficultés à accéder à internet)
Après 10 jours de traversée où le soleil a brillé quasiment tous les jours, lors de notre dernière nuit, la houle et la corne de brume nous ont rappelé que nous étions bien dans l’Atlantique nord ! Et moi… j’étais ravie ! Nous avons d’abord longé les côtes de Terre-Neuve que l’on a aperçu au loin avant de voir les îles Françaises se rapprocher et bientôt l’île aux Marins, devant le port de Saint-Pierre se dessiner.

Bientôt un pilote est monté à bord et les choses sont allées très vite. Le temps d’observer quelques phoques qui prenaient le frais dans le port, la police des frontières était à bord pour contrôler nos passeports avant de pouvoir débarquer. Une fois pied à terre, ‘ai commencé par faire un aller retour au pas de course (mes gambettes en avaient bien besoin !) pour filer acheter un billet pour le ferry du lendemain.En remontant , j’ai pu croiser notre clandestin entouré des autorités que j’ai salué en lui souhaitant bon courage. J’ai essayé de l’aider comme je pouvais mais il semblait tant résigné que rien n’a pu le convaincre. J’imagine qu’il va repartir en avion vers la France puis sans doute vers son pays. je lui souhaite très sincèrement un avenir meilleur que celui qu’il semble redouter…Un dernier déjeuner, des adieux, des remerciements à l’équipage et me voilà dehors avec le bel Ernest faire mes dernières emplettes et trouver un coin où planter ma tente. Je ne suis pas allée bien loin, planquée à deux pas de la ville et j’en ai profité pour visiter le cimetière. Alors que je remarquais la présence de nombreux hublots sur les monuments funéraires, j’ai senti quelque chose bouger près de moi, après avoir tourné la tête je suis restée comme deux ronds de flan devant un énorme lapin (ou peut-etre un lièvre dodu ?) qui gambadait à un mètre de moi !

Visiblement j’étais dans son territoire et il n’entendait pas me l’abandonner ! Après l’avoir un peu traqué pour qu’il m’offre son meilleur profil, j’ai regardé vers la mer et aperçu le grand deux mâts quitter le port, je l’avoue, avec un pincement au cœur.
Je sais combien je serai heureuse de remonter à bord pour le retour !