L’environnement

[Marie] Nous sommes toutes deux très attentives à impacter le moins possible l’environnement lors de nos balades. Il est malheureusement illusoire d’imaginer ne pas polluer du tout, mais voici en vrac quelques unes de nos pratique.

La toilette/ lessive/ vaisselle

C’est certainement celle qui pose le plus problème par méconnaissance du sujet, car nous ne le répéterons jamais assez :

LE SAVON EST PARFAITEMENT BIODÉGRADABLE…

MAIS PAS DANS L’EAU !

Rejeté directement dans les cours d’eau ou les lacs ou même sur les bords il est mortel pour les organismes aquatiques.

Il convient donc de se laver, de faire sa lessive ou sa vaisselle à quelques dizaines de mètres (idéalement 50 ou 60m) de la berge à l’aide d’une bassine pour que le savon soit filtré par la terre et se décompose avant d’atteindre l’eau.

La plupart des savons « de baroudeurs » du commerce insistent sur l’aspect biodégradable tout à fait inutilement, ils feraient mieux d’insister sur la façon dont on doit l’utiliser.
Un savon c’est juste un corps gras et de la soude, éventuellement un peu de glycérine et de fragrance.


TOUS LES SAVONS SONT PAR DÉFAUT PARFAITEMENT BIODÉGRADABLES….

Inutile donc d’investir dans un savon « spécial bivouac » un savon de Marseille, d’Alep, un savon artisanal ou commercial fait parfaitement l’affaire, en prime il convient pour tout.

Le savon est le moins polluant des agents nettoyants, la lessive et le produit vaisselle sont eux beaucoup plus nocifs.

Il est vrai que le savon dépose un film gras sur la vaisselle… mais en bivouac ce n’est peut être pas si grave, d’autant qu’il suffit de frotter avec un peu de sable lors du rinçage de temps à autre pour l’éliminer.

Vous pouvez aussi faire un savon « caustique » en augmentant la proportion de soude. Il ne déposera plus de film gras mais vous ne pourrez plus vous laver avec.

Voici ici deux recettes de shampoing solide et vous trouverez dans un prochain article nos recettes de savons.

La pelle à popo

Si vous voulez tout savoir sur le caca et sa gestion, un livre s’impose : « Comment chier dans les bois : Pour une approche environnementale d’un art perdu » de Kathleen Meyer (même si je ne suis pas du tout d’accord avec elle sur le brûlage de PQ…)

Pour ma part je n’ai jamais utilisé de boite à caca (si, si , ça existe! les alpinistes sur l’Everest par exemple sont tenu.e.s de ramener leur fèces…) mais je ne me sépare jamais de ma pelle à popo!

J’ai choisi cet excellent modèle , il existe maintenant en 3 tailles. Celui à 17g me suit depuis plusieurs années et à toujours réussi à creuser les sols même les plus durs http://www.thetentlab.com/Deuce/DeuceofSpadespage.html

Je creuse un trou profond d’une 20 aine de centimètre ou plus en prenant garde d’être loin et au dessus des cours d’eau pour éviter tout risque de ruissellement.

M’ayant fait interpeller sur ce « au-dessus » – je précise bien qu’il s’agit de faire son popo au dessus des cours d’eau (bon pas à 2m, laissez de la distance!) plutôt qu’en dessous. Le popo a peu de risque de descendre sur ses petites papattes faire trempette, par contre si la rivière déborde ce sera plutôt vers le bas 😉

La contamination des cours d’eau par les selles humaines est un souci de santé majeur dans beaucoup de pays qui n’ont pas accès à l’eau potable. Même chez nous elle n’est pas souhaitable!

J’y enterre popo et PQ (en général j’anticipe : je creuse le soir après avoir installé le bivouac un trou profond et assez large pour pouvoir enterrer aussi mes déchets verts).
Le must : on mélange bien avec de la terre pour faciliter la décomposition.

Brûler ou enterrer son PQ ?

La pollution visuelle du PQ est proprement inacceptable. Nous voilà donc devant le dilemme cornélien : enterrer, ramener ou brûler son PQ ?

Dans la plupart des cas, brûler son PQ ne sert strictement à rien. Le PQ est parfaitement biodégradable*, sa combustion augmente notre bilan carbone et appauvri la terre en apportant de la cendre.

C’est aussi un risque d’incendie non négligeable :

https://www.francetvinfo.fr/monde/espagne/espagne-apres-avoir-fait-ses-besoin-un-allemand-brule-du-papier-toilette-et-provoque-un-feu-de-foret-mortel_1576565.html

Bref en ce qui me concerne je ne brûle JAMAIS mon PQ : je mets le PQ dans le même trou que le popo, ou celui des déchets verts.

Si l’environnement ne s’y prête pas car trop sec (au Tadjikistan par exemple ) je le transporte dans un sac poubelle avec le reste de mes déchets.

* Le papier toilette est biodégradable (comme TOUS les papiers toilette…) , il met entre 2 semaines et 1 mois pour se décomposer dans la nature . Par contre il faut 3 mois pour que se décomposent les mouchoirs en papier.
(source Consoglobe)

Alternative au PQ :
  • S’en passer (dans nombre de pays on utilise de l’eau)
  • Utiliser des feuilles d’arbre (au Pamir , en Islande ce n’est pas chose aisée….)
  • Utiliser des carrés de tissu maison réutilisables.
    Une randonneuse ne jure que par ça : https://wanderwomangear.com/

Les déchets verts :

Comme le popo et le pq, j’enterre tout.

Je mange beaucoup de fruits et de légumes en bivouac, toujours je creuse pour laisser sur place les épluchures, l’intérieur des sachets de thé ou de tisanes (mais je ramène l’enveloppe et la ficelle)

Collecter aussi les saletés des autres:

J’ai beau faire le plus attention possible et rester toujours discrète, j’ai forcément un impact négatif sur la nature.
C’est très désagréable de trouver des déchets d’autrui dans la nature mais je les ramène autant que faire se peut dans les poubelles prévues à cet effet.


Je n’en suis pas à faire du « plogging » (marcher, courir , rouler en s’arrêtant pour ramasser les saletés trouvées en route), mais je mets un point d’honneur lors de mes arrêts (pause pique-nique ou bivouac) à nettoyer les lieux.

Au delà de la bonne conscience c’est aussi une compensation. À chaque voyage ou presque je perds malheureusement quelque chose : une gourde, un vêtement, un couteau….

8 commentaires sur “L’environnement”

  1. J’ai adoré le bouquin « Chier dans les bois » (acheté d’occase sur un site d’annonce bien connu), c’est vraiment hyper instructif 🙂
    Jessica qui espère partir à vélo l’année prochaine pour la première fois 🙂 (j’ai 52 ans) et peut être avec ma coloc ^^

  2. Je crois que l’on a tous hâte de cet été 2021 pour réaliser ce que nombre d’entre nous avons dû remettre.
    Profitez-en bien : il n’y a pas d’âge pour partir à vélo !

  3. Retour de ping : Le bivouac en voyage à vélo : législation, conseils et matériel

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