Les chiens, pas toujours nos amis !

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Source Wikipédia

Tous les voyageuses et voyageurs à vélo (comme les coureurs à pied) ont été confrontés à des rencontres plus ou moins amicales avec nos amis les chiens.

Nous avons tous et toutes différentes manières d’interagir avec eux.

Denni donne ici plein de bons conseils :

https://un-monde-a-velo.com/chiens-agressifs-velo/

Du reste Rélie en Estonie après l’avoir lu avait emmené quelques croquettes 😀 (non distribuées finalement)

Je n’ai pas exactement la même technique.

Lors de mes vadrouilles à biclou j’ai rencontré deux principales sortes de chiens :

  • Les chiens domestiques qui défendent (avec plus ou moins d’assiduité) un maître , un territoire, du bétail….
  • Les chiens errants qui survivent comme ils peuvent, ils ne défendent rien mais peuvent former des meutes.

Lorsque j’aperçois un chien (ou plusieurs) sur le bord de la route mon premier réflexe est toujours de vérifier s’il est attaché ou pas pour ne pas me faire surprendre (en Asie Centrale je crois n’avoir jamais rencontré un chien attaché)

Si j’ai affaire à des chiens en liberté :

1- Ralentir/ s’arrêter
Je ralenti pour pouvoir m’arrêter très rapidement au moindre signe d’agressivité. Ils ont le réflexe de courir après les proies. Au moindre geste suspect je m’immobilise pour faire face: une fois prise en chasse (ce qui m’est parfois arrivé si je n’ai pas repéré le chien) les dangers de chute, de collision se superposent aux risques de morsures.

J’essaye, autant que faire ce peut, de mettre Corentine entre moi et le chien. Si la situation est compliquée je l’incline pour la faire reposer sur moi, j’ai ainsi les deux mains libres.

2- La parole

TOUJOURS je leur parle (très gentiment ) pour m’annoncer SURTOUT si je ne suis pas repérée. Cela me permet de ne pas les surprendre et de jauger leurs réactions.

Les chiens errants sont des chiens mal aimés. Ils sont souvent maltraités et sont devenus méfiants. C’est très important de leur montrer qu’on ne leur veut aucun mal. En arrivant au Monténégro j’étais très impressionnée : des meutes de chiens qui survivent sur des tas d’ordures , je n’en avais jamais vu autant!

Source Wikipédia

Ce sont finalement les chiens qui m’ont donné le moins de soucis. Je m’arrête, je leur parle gentiment, ils voient que je ne suis pas un danger, ça s’arrête là.

Les canidés prennent pour une provocation les regards directs, j’évite donc de les regarder dans les yeux.

Il en va autrement pour les chiens de propriétaires qui font leur boulot de chien plus ou moins agressivement.

Après avoir épuisé : « Coucou mon grand, comment vas tu? la vie est belle? » en mode super sympa (exactement comme si je m’adressais à mes propres chiens) je passe au mode plus ferme : « Non mais tu crois me faire peur?« , et si le chien est carrément agressif , la colère m’a parfois m’a fait hurlé des « DÉGAGE!!«  parfaitement efficaces. (c’est évidemment le ton qui compte, pas le vocabulaire 😀 )

Je laisse facilement approcher un chien qui vient pour me sentir par contre je suis incapable de laisser venir à moi un chien qui montre les crocs.

Source : Wikipédia

3- Les armes

J’aborde ici un sujet hautement controversé que j’assume. J’ai sur mon vélo plusieurs ustensiles qui sont principalement là pour me donner de l’assurance, je ne m’en sers qu’en ultime recours.

J’ai par exemple eu affaire en Macédoine du Nord à un énorme chien de berger (sans maître à coté) muni d’un monstrueux collier anti-loup qui avait décidé de me faire déguerpir de mon bivouac, je n’ai pas cédé d’un pouce, je ne me suis pas inquiété un seul instant parce que j’ai compris que c’était juste du bluff et surtout que je pouvais me défendre… je reste absolument persuadée que cela s’est parfaitement bien passé parce que le chien sentait que je n’avais pas peur de lui. Sans armes à portée de main, j’aurai été nettement moins assurée.

Source : Wikipédia

En Grèce c’est trois mâtins pourtant très impressionnants devant une ferme qui voulait m’intimider sans réelle agressivité. J’ai longé le chemin au plus loin en marchant tranquillement , ils ont aboyé sans vraiment m’inquiéter.

Par contre en Espagne je me suis retrouvé une fois face à un couple de chiens qui montraient méchamment les crocs (la femelle était allaitante), j’ai préféré passer à travers champs plutôt que de les affronter, je les sentais bien trop agressifs pour que je puisse les gérer.

J’ai à portée de mains:

a) Deux cailloux
En théorie, je lance le premier devant le chien ; le 2ème sur lui s’il ne s’est pas arrêté

Dans de nombreux pays les chiens sont élevés ou éloignés à coup de cailloux. C’est triste et lamentable mais on ne peut pas refaire l’éducation du chien . Souvent le simple geste d’en prendre un dans la main et de le brandir suffit à tenir le chien à distance.

b) Un vaporisateur rempli d’eau (j’agrandis le trou avec une aiguille pour qu’il envoie un vrai petit jet plutôt qu’un nuage humide)


Barbara que j’ai rencontré entre le Monténégro et le Kosovo juste après avoir croisé plusieurs chiens compliqués à gérer m’a donné l’idée de la gourde qu’on presse pour balancer de l’eau sur le museau.

Ma gourde étant métallique j’ai adapté.

c) Mon bâton/ béquille
En dernier recours si la voix n’a pas fonctionné, ni les cailloux, ni le vaporisateur, j’attrape le bâton qui me sert de béquille que j’utilise pour empêcher le chien d’approcher (je n’ai jamais donné de coup avec mon bâton je le mets juste devant moi pour empêcher le chien d’approcher trop près)

Mon poste de pilotage. Le pare-feu posé sur les prolongateurs me servant de console.

J’aurais aimé écrire que je ne suis jamais servi de rien, ce serait faux

En Asie Centrale j’ai toujours réussi à gérer sans lancer de cailloux (mais parfois ce sont les maîtres qui les lançaient pour éloigner leurs chiens qui m’importunaient) . Dans les Balkans j’ai frisé l’accident deux fois et TOUJOURS alors que le maître ou la maîtresse était à coté mais le clebs n’obéissait pas : compliqué de s’imposer quand le propriétaire ne maîtrise pas son chien!

La première fois c’est la maîtresse elle-même qui a balancé des caillasses sur son monstre pour qu’il me laisse tranquille ( j’en ai profité pour dégainer mon bâton ) .
La deuxième fois, j’ai cru l’affaire terminée quand le maître a rappelé son roquet ; Je suis parti normalement sur mon vélo. Vingt mètres après il était à mes trousses essayant de choper mes mollets: le maître avait omis de le tenir! Il ne me lâchait pas malgré mes gueulantes, j’ai donc lancé mes pierres en roulant comme j’ai pu, il s’est arrêté net.

Le vaporisateur ne m’a jamais servi directement. Il m’a donné par contre beaucoup d’assurance lorsque je croisais des meutes de chien, mes deux petits cailloux étant alors clairement insuffisants pour me rassurer.

En Asie Centrale, comme dans les Balkans ou en Grèce (pays d’ours ou de loups) les troupeaux sont toujours gardés par des chiens. Je me dois de signaler que toujours les bergers sont très attentifs et réagissent immédiatement. Ils arrivent en courant si les chiens sont agressifs et les rappellent sans soucis.
Il n’y a qu’en France que j’ai rencontré des bergers qui se fichaient éperdument de la menace que représente leurs patous, laissant les randonneurs ou les cyclistes se dépatouiller avec leurs chiens agressifs en s’en lavant les mains….

Arthur dans les commentaires nous donne une explication qui me fait manger mon chapeau, le problème est beaucoup plus complexe que je ne l’avais appréhendé . Un grand merci à lui!

Dernier point : Attention au chien caché sous une voiture à l’entrée d’une ferme!

Il m’est arrivé plusieurs fois de me laisser surprendre par un toutou somnolant planqué sous une voiture. Il se réveille à mon passage et bondi ou aboie sans crier gare. Il suffit le plus souvent de lui demander fermement de dégager mais attention à l’écart que la surprise provoque : par deux fois la voiture qui arrivait en face représentait un danger bien plus grand que le chien en lui même.

Si vous avez d’autres astuces vos commentaires sont bienvenues 😉 (mais je n’accepterai aucun spray à poivre ni moutarde dans le vaporisateur , les chiens restent mes amis même s’ils me refusent le passage 😉 )

6 commentaires sur “Les chiens, pas toujours nos amis !”

  1. Merci Marie pour ces conseils.
    Descendre du vélo est une bonne technique, même si le chien est très agressif, les roues qui tournent led excitent bcp et leur ralentissement ou leur arrêt les calme. Le pb est de pouvoir repartir, surtout si c’est en côte.
    Avoir ses cailloux à porter de main facilite la chose, car se pencher pour ramasser un caillou avec un vélo chargé est difficile.
    Faire semblant de ramasser un caillou peut quelquefois suffire. Et en effet, je me suis cassé le poignet en chutant à cause de deux roquets (les chiens ne me sont pas toujours sympathiques 😉), qui avaient débouché par surprise à un croisement d’une piste cyclable.

  2. Pour les chiens de protection des troupeaux en France ça change peu à peu. Il faut savoir que plupart des bergers ne sont pas propriétaires des chiens et ont donc peu ou pas d’autorité dessus, même s’ils le souhaitent. Les chiens sont attachés à un troupeau et appartiennent donc à l’éleveur qui emploie le berger, et qui lui n’est pas là. Par ailleurs le retour du loup étant relativement récent, à l’échelle de la tradition pastorale, l’opposition totale a longtemps été la règle et le fait de s’équiper en chiens était mal perçu par la profession car vu comme une acceptation du loup. Aussi nombreux sont les éleveurs qui sont encore très novices dans la mise en œuvre de ces chiens, qui est beaucoup plus complexe qu’on ne croit, d’autant qu’on ne peut pas comparer nos montagnes surpeuplées de touristes avec celles d’Asie Centrale ou des Balkans où il passe relativement peu de monde : chez nous les chiens sont en permanence sur le qui-vive à cause des randonneurs, trailers, vttistes, chasseurs, chiens divers et variés de tout ce petit monde.. Les patous sont souvent épuisés et parfois excédés par les alertes successives quotidiennes sans compter les véritables attaques de prédateurs.. Ajouté à cela les mauvaises réactions de certains qui brandissent immédiatement leurs bâtons ou tentent de donner un coup de pied, tout est parfois réuni pour que des chiens finissent par mordre, sans que ce soit obligatoirement uniquement la faute du berger, qui bien souvent, fait ce qu’il peut 🙂

    Un exemple de ce que peut vouloir dire de mettre des chiens de protection au troupeau :

    https://www.facebook.com/groups/865154257476830/permalink/868624840463105/

    1. Un grand grand merci pour ses éclaircissements , je mets un lien dans l’article vers votre explication , je n’avais pas compris l’ampleur du problème. Vos explications sont lumineuses!

  3. Bonjour, oui vaste problème j’étudie le sujet tant bien que mal, d’autant que je projette de partir en début d’année sur la route de la soie….pour ma part, ma monture est un vélo couché 3 roues, donc je ne peux pas « descendre » du vélo très facilement et le pousser comme avec un vélo classique. De plus, étant assez près du sol, j’ai le visage à hauteur de museaux….

    1. De tout cœur avec vous Mick! En Asie Centrale les chiens sont réellement dressés à coup de pierre (je voyais les propriétaires en envoyer sur eux pour les faire taire ou pour les faire reculer) je pense qu’en avoir quelques une en secours à portée de main ça pourrait être bien utile…

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