Les préparatifs pour Terre-Neuve

Même si ma principale activité culinaire (en bivouac comme dans la vie) consiste à faire chauffer de l’eau, vadrouiller deux mois avec ma seule micro popotte en titane (et son « couvercle/poêle  » surnommé « la glue ») ne m’a pas semblé une bonne idée. J’ai donc investi dans une poêle antiadhésive MSR en aluminium anodisé… mais sans couvercle.

… Pas pour longtemps !

En 15 minutes et sans autre outil qu’une paire de ciseaux et une cuillère (facultative mais plus rapide pour écraser l’alu notamment ses rebords repliés deux fois) j’avais un couvercle (la ficelle de chanvre devrait éviter de me brûler les doigts pour la manipuler chaude et je trouverai bien une pierre pour la stabiliser sur place.).

Et 10 minutes plus tard, poêle et couvercle avaient leurs pochons respectifs en tyvek souple et en chute de laine polaire pour ne pas rayer celle que j’ai désormais surnommée la « nonglue » (j’hésitais avec « la goulue » ;).

Partir avec un pantalon solide (et qui sèche vite) avec plein de poches, conçu pour pédaler (sans gêner la course de la jambe) et à mes mesures s’imposait. J’ai donc commandé du tissu chez mon fournisseur préféré et je me suis confectionné précisément le pantalon que je voulais.

mon pantalon de vélo/rando

Donc, les jambes sont bien larges, elles peuvent se resserrer en bas pour éviter de frotter sur le pédalier et peuvent même se bloquer haut sur la jambe pour rester bien amples au niveau des quadriceps (il y a des oeillets et des élastiques intégrés pour se faire). Il a des bandes réfléchissantes et des poches qui ferment (boutons pression ou zip). J’ai même mis un élastique réglable dans la ceinture, comme les pantalons des enfants (et j’ai récupéré une étiquette d’un pantalon de mes marmots… Il faut toujours porter avec soi un fragment de ceux que l’on aime…)

Et la bonne nouvelle c’est que l’épreuve ultime du contrôle qualité a été franchie haut la main !!

Mademoiselle Azerty, inspectrice en chef

Mes sacoches Vaude Aqua achetées il y a quelques années et présentées comme increvables ont malheureusement apporté la preuve supplémentaire de leur mauvaise conception : la colle (qui remplace toutes les coutures !) … se décolle ! (comme je voyage principalement dans des pays froids ou tempérés, le défaut a mis plus de temps à apparaître que pour nombre de malheureux randonneurs).

Ce sont mes sacoches arrière (noires) qui ont cédé les plus largement quand mes sacoches avant (vertes et moins compressées car j’y mets mon matos de bivouac et ma nourriture) ont mieux résisté.

Je sais que je dois faire une réclamation à Vaude puisque les qualités annoncées (et qui ont motivées mon acquisition) sont totalement absentes. En même temps c’est un peu bête de polluer un peu plus la planète outre que je ne suis pas bien certaine de vouloir voyager avec des sacoches Vaude dans l’avenir, seraient-elles neuves… Bref, comme j’avais commencé à le faire au cours de mes précédents voyages, je les rafistole à grand coups de cyanolite (en prévoyant deux grands sacs étanches légers et des sangles si une « couture » devait entièrement céder). Avant le départ, j’ai donc minutieusement exploré les failles pour les recoller et voyager encore une fois avec elles.

L’été, je pédale principalement en jupe. Je me suis donc cousue (en m’inspirant le plus fidèlement possible d’une jupe en jersey très léger achetée il y près de 20 ans que j’affectionne particulièrement) une jupe portefeuille (montage le plus pratique à mon goût pour pédaler) dans un tissu parfaitement adapté !

Je ne suis pas très à l’aise avec le jersey (je n’arrive pas à faire des finitions aussi propres que je voudrais) mais je sais qu’elle va revenir pleine de griffures (au mieux) voire de trous (au pire), elle est donc parfaite pour l’usage que j’en ai.

Ma nouvelle jupe de vélo

Comme ma recouvreuse d’habitude si capricieuse semblait bien lunée, j’en ai profité pour raccourcir mes deux tee-shirts de voyage (je préfère porter mes tee-shirts courts et je gagne quelques grammes).

Après avoir été longtemps dans le déni, j’ai fini par accepter que si, décidément si, il y a des ours à Terre-neuve ! Ours, signifie bombe anti-ours à garder évidemment à portée de main, c’est à dire ailleurs que dans la sacoche devant mon guidon qui se transforme en véritable caverne d’Ali Baba au fil du voyage et où une chatte ne retrouverait pas ses chatons ! Bref, il me fallait un contenant léger toujours à portée de main, que je sois sur le vélo ou sur mes deux pieds.

Le sac banane s’imposait et puisque j’avais été fort déçue de ne pas trouver un patch de baleine à coudre sur mon pantalon et avais par dépit orné ma poche d’une tortue marine (je ne suis pas très forte en géographie mais je sais malgré tout qu’on observe davantage de baleines à Terre-Neuve que de tortues de mer) je me suis souvenue que j’avais dans mon immense patronthèque, le patron idoine !

J’ai choisi des tissus techniques légers qui me restaient en stock que j’ai doublés de nylon ripstop encore plus léger, j’ai récupéré une boucle de sangle réglable sur un vieux gant en ski de mes marmots et me suis confectionné un sac rigolo qui s’adapte parfaitement à ma taille ! J’ai ajouté quelques anneaux légers en cordon rigide pour pouvoir également le porter à l’épaule, et hop, le tour était joué !

Enfin, pour compléter ma garde-robe, j’ai vite cousu dans les chutes de ma moustiquaire de hamac, une moustiquaire… de casquette ! Si ces insectes me prennent pour cible c’est toujours pratique à enfiler le soir venu (et ne pèse rien).

Une moustiquaire de tête

Cet été, je pars longtemps et en prévoyant non seulement une garde robe plus importante que d’habitude (la pluie, le vent, le froid peut-être…) mais également de quoi m’occuper durant deux fois 10 jours. Bref, je suis chargée comme une mule ! Je me suis avisé des différentes perdues pour y caser mon chargement que j’ai consciencieusement exploité avec des sacoches boudin au dessus de mes sacoches avant.

Cependant, il me restait une chouille de tite place sur mon cadre devant le guidon (qui me faisait de l’oeil depuis longtemps pour être honnête). Bref, c’était le bon moment pour passer à l’action !

Le gabarit de ma jolie sacoche

J’ai reporté vite fait l’angle et la forme de la pièce désirée, j’ai sorti des chutes de mes sacoches de Brompton et je me suis cousu une mignonne petite sacoche qui partagera avec bonheur le bazar de ma Restrap posée sur le porte bagage avant !

Voilà, j’ai accroché du ruban fluo sur tout ce qui tombait sous la main (pour éviter de jouer au petit Poucet sur des milliers de kilomètres 😉 j’ai chargé les batteries, découvert que mon téléphone de rando (dit « la brique ») avait des syncopes (du coup, j’en emporte un de secours 🙁 Bref, le départ est maintenant imminent !

(ce billet sera complété jusqu’au départ et ne soyez pas surpris si photos, présentation ou mise en page valsent au fil des préparatifs : ce billet me sert de jachère pour bloguer avec le seul outil dont je disposerai sur place : mon téléphone)

8 commentaires sur “Les préparatifs pour Terre-Neuve”

  1. Perso j ai un couvercle silicone de ia bonne taille pour ma poêle

    Par contre l’an dernier à Terre-Neuve il faisait tellement chaud l’herbe était tellement sèche ça brûlait de partout qu’on avait fabriqué avec un plat en aluminium de quoi poser le réchaud pour qu’il soit pas directement en contact avec l’herbe …

  2. Merci de l’info ! Je surveille les températures (normales pour l’instant semble t’il) mais je n’avais pas pensé a vérifier l’hydrographie. Mon couvercle pourra donc éventuellement avoir deux usages 😉

  3. Bonjour,
    Oui, si tout se passe bien (et une incertitude sur ce voyage vient malheureusement de poindre !), c’est en ces lieux que je ferai un compte rendu au fur et à mesure de mon voyage.
    Il n’y a plus qu’à croiser les doigts pour embarquer vers la terre neuve !

    1. Ah mince, j’espère que ce voyage pourra vraiment se faire… S’il se fait, merci d’avance pour le compte rendu qui sera forcément palpitant, ça ne fait pas de doute. Bonne chance, et bon voyage 🙂

  4. Le warmshower de sainte John l’an dernier voulait nous donner une bombe anti-ours laissée et inutilisée par un cyclo

    Il nous a dit que à moins de s’enfoncer à pied dans les profondeurs du parc de gros morne tu ne verras pas d’ours

    Cela nous a d’ailleurs été confirmé par tous les habitants avec qui nous avons pu discuter du sujet.

    1. Ah merci beaucoup !!
      Je dois avouer que je n’étais pas très rassurée à l’idée d’en croiser !
      Je profite de votre présence pour vous demander ce qu’il en est du réseau : est-il indispensable d’acheter une carte routière en arrivant sur place ?

  5. Je rajouterai qu’il n’y a que deux magasins de vélo en tout et pour tout dans toutes l ile . Donc au mieux avoir quelques pièces de rechange
    Sinon la propriétaire du magasin vélo de Saint John est très sympa et elle te propose de t’envoyer une pièce quelque part si tu en as vraiment besoin ( pas eu besoin parce que j’ai explosé ma chaîne en trois morceaux de kilomètres après le départ !! )

    Ensuite je ne sais pas ce que tu as comme réchaud de l’essence on en trouve partout pour le gaz c’est plus chaud
    Il faut plutôt viser les enseignes de bricolage comme Home Hardware
    Et éventuellement si on a un réchaud déportés prendre l’adaptateur qui permet d’utiliser les cartouches longues.

    Pour la nourriture je te laisse découvrir la joie des épiceries des stations-service : n’oublie pas d’ouvrir les grands congélateur coffre il y a parfois des bonnes surprises

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