De Paris à Saint-Nazaire : quand des sacoches en quenouille n’ont pas réussi à gâcher mon voyage

Le problème de quitter Paris en biclou c’est qu’il faut partir tôt pour réussir à trouver un coin pour bivouaquer le soir venu, et tout cela sans contrainte horaire : autant l’avouer de suite, le risque pour moi de devoir camper entre deux barres d’immeuble de banlieue était grand !

Le bel Ernest gras comme un pâté

Un bon vieux TER a l’incontestable bénéfice de mettre un terme à l’agencement sans fin de mes bagages ! C’est ainsi qu’après avoir traversé une gare Montparnasse pleine de vélos (tous moins chargés que mon bel Ernest plus replet que jamais), j’ai filé vers Le Mans où j’ai embrassé Fiston avant de prendre la route, en biclou, vers les Amériques.
Comme je veux garder ma bonne humeur, je ne dirais rien des bagnolards qui peuplent cette région automobile s’il en est, qui vous obligent à transformer votre béquille en écarteur pour rester en vie et vous engueulent à l’envi d’avoir osé signifier de cette manière votre droit à occuper une portion de LEUR route…


La campagne vite rejointe est heureusement plus calme, je remarque quand même que l’on y croise davantage de charcuteries (qui chantent leurs rillettes) que de boulangeries. Les animaux sont peu présents dans les champs et en campant au bord d’un joli chemin boisé, j’ai entendu des meuglements déchirants depuis un hangar sans doute surchauffé. J’ai également croisé des panneaux dans les villages pour faire attention aux écureuils (effectivement, j’en vois partout y compris dans les vénérables arbres des hameaux traversés !).
Je note que l’on a manifestement bien plus d’égard pour eux que pour vaches et cochons…


Mais à dire vrai, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour des pensées « philosophiques » car la vision de mes sacoches Vaude éventrées (elles ont littéralement explosé avec la chaleur caniculaire) m’a ramenée vers des préoccupations bien plus matérialistes : prendre le départ coûte que coûte !
Bidouiller j’aime beaucoup, c’est même l’activité que je préfère dans la vie, mais pas maintenant ni ainsi !!! J’ai commencé par pester contre Vaude qui ne rappelle pas ses produits dont les sites de cyclo-randonneurs démontrent pourtant que le défaut de leurs sacoches est récurrent et parfaitement connu et évidemment c’est surtout contre moi que je peste ! Bien entendu que j’aurais dû en changer plutôt que de les rafistoler avant le départ. Me voilà bien punie !


J’ai donc passé trois jours à coudre toutes les « soudures » avec du fil de Kevlar (oui, j’en emporte en voyage ;)) puis à insérer de la cyanolite entre les points en terminant mon stock de mouchoirs en papier (ce qui ne m’a pas empêché de me coller parfois les doigts, et ça fait mal !).
Et quand toutes les coutures étaient enfin solides, je me suis aperçu que le fond des sacoches avant se décollait aussi ! Là pas question de régler le problème avec une aiguille : il me fallait une agrafeuse…


J’ai avisé sur ma route la présence accolée d’un grand magasin de bricolage et d’un Intersport … Heureusement, j’ai visité le second avant le premier et j’ai acheté deux sacoches « arrière » qui remplaceront avec bonheur mes Vaudes vertes à l’avant. Elles sont plus lourdes mais plus basses donc je gagne en stabilité. Puis, j’ai foncé à Saint-Nazaire pour essayer de trouver des sacoches arrière.

Mes nouvelles sacoches avant EXS


Mon programme de route incluait une tranquille remise en guibolles et – par précaution – une ou deux crevaisons, autant dire que j’ai changé de braquet, en me félicitant d’avoir embarqué au dernier moment un tee-shirt D4 anti UV à manches longues parfaitement blanc (moi qui n’emporte jamais de blanc en rando). Sous le soleil de plomb qui a envahi l’ouest de la France, j’avais l’impression de revêtir un abri anti-atomique seul à même de me permettre d’avancer !

En réalité, après avoir décollé vers 7 h., je faisais une pause à l’ombre entre 13 et 15h pour m’arrêter vers 20 h. En perpétuelle quête d’eau je n’ai jamais autant visité de cimetières (quoique…) et j’ai consciencieusement arrosé les plantes qui étaient encore en vie quand j’en voyais.
J’y ai aussi oublié un bidon.

Abreuvoir de fortune pour petites bestioles


J’ai aussi goûté la joie d’entendre des chouettes hulottes (s’endormir au son d’un chouette hulotte est un des grand plaisir de ma vie) observé des chauves-souris, des hirondelles et des martinets (qui passaient parfois si près de moi que je les entendais fendre l’air) et même croisé la route d’un troupeau de brebis accompagné de son fidèle patou ! Après m’être éveillée à potron-minet avec un bizarre aboiement bientôt suivi de « groulements » indéchiffrables, j’ai entraperçu une forme blanche à travers la haie du champs contigüe : j’ai mis du temps à réaliser que c’était bien un énorme patou (breton !) qui me signifiait sa présence dès que j’esquissais le moindre mouvement. Je ne me suis pas fait prier pour partir en vitesse et rallier Saint- Nazaire.


Après m’être détourné d’une boutique qui ne vendait que du Vaude (je préférerais partir avec des sangles et des sacs poubelles que des sacoches Vaude !) j’ai croisé la route de « raconte moi un vélo » où j’ai trouvé le Graal !!! Ils ont fouillé avec patience et gentillesse dans tout leurs stocks (même sédimentés) et ont réussi à me dégoter une splendide paire de sacoches Ortlieb avec des poches au volume sensiblement identique à celles que j’avais bêtement emporté !

Mes nouvelles sacoches Ortlieb (plus jamais des Vaude !!)

Incontinent, mon bel Ernest est parti revêtu de sa nouvelle robe (rouge !) plus fier et plus heureux que jamais !! Un seul regret : ne pas pouvoir leur acheter un ou deux accessoires stylés et rigolos, ma monture est si chargée que je fais attention à ne pas lui imposer de grammes surnuméraires ! Grand merci à eux, je leur dois vraiment une fière chandelle !! ❤️


(Ici viendra la photo du Bel Ernest avec ses nouvelles sacoches que je n’ai pas encore faite)

1 commentaire pour “De Paris à Saint-Nazaire : quand des sacoches en quenouille n’ont pas réussi à gâcher mon voyage”

  1. (Véro, j’ai supprimé le contenu du commentaire qui ne contenait que ton adresse e-mail sans doute en raison d’un bug.
    J’en profite pour t’embrasser !!
    Aurélie

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