De Langres à Sedan, en hamac et en hiver.

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A la faveur d’un séjour en Savoie décommandé à la dernière minute, il m’a pris l’envie de partir avec armes et bagages le long de la Meuse vers les Ardennes. En quelques jours, j’ai donc réuni mon matériel de rando et après une courte nuit, j’ai pris le TER jusqu’à Langres.

Au fur et à mesure de ce trajet j’ai compilé les tweets dans un fil dont le début commence ici :

Vous pouvez aussi le lire ce fil de façon plus linéaire sur Threadreader : https://threadreaderapp.com/thread/1369162068813840387.html


Au delà de ces impressions sur le vif, plusieurs constat s’imposent, tant sur mon matériel que sur mon trajet.

Sur le matériel :

Dormir en hamac l’hiver

Clairement le rapport poids/volume est en défaveur de la solution hamac l’hiver. Je suis partie avec un hamac, un tarp, et un cocoon snugpak (outre le duvet et le matelas). Si j’avais troqué mon hamac, mon tarp et mon cocoon pour ma tente une place, j’aurai gagné un bon kilogramme et une demi sacoche.

Je n’ai pas eu froid en dépit de conditions climatiques peu favorables (il a gelé quasiment toutes les nuits et la température quand je sortais de mon duvet était habituellement de deux degrés). Je me suis félicitée de partir avec un matelas isolant (mon colombus est mieux que le décathlon) et surtout large (51 cm.) En effet, le hamac a tendance à compresser le duvet et donc à diminuer son pouvoir isolant, avoir un matelas large permet d’éviter les « ponts de chaleur » sur les bords du hamac. Par très grand froid, je pense que le plus efficace serait le bon vieux matelas en mousse isolante que l’on roule.

Le cocoon est très efficace et pour ne pas avoir trop chaud je laissais souvent une ouverture. Je précise à toutes fins que je suis extrêmement frileuse et que mon duvet d’hiver est « confort à moins 19 d° Celsius ».

Coudre des manchons de protection pour les extrémités du cocoon/hamac avant de partir était une excellente idée mais je vais les refaire dans un nylon plus imperméable et un peu plus longs : avec une pluie latérale qui tombe une nuit durant comme cela m’est arrivée, la protection n’est plus optimale.

Enfin, l’avantage de la tente c’est d’offrir malgré tout une protection contre le vent et le froid au moment de l’habillage et du déshabillage. En effet, j’ai beau avoir développé des capacités dignes d’un ver de terre pour me mouvoir dans mon hamac, la présence du cocoon (qui n’offre que très peu de volume intérieur) ne permet pas les mouvements de grande amplitude : impossible de s’habiller ni même de se déshabiller dans le hamac. C’est à l’air et quasiment dans le vent que j’ai été contrainte de réaliser ces opérations. La protection d’une tente, sans être un modèle d’isolation thermique est quand-même plus efficace que celle d’un tarp !

Voilà pour la comparaison rationnelle. Pour le reste, c’est une affaire de cœur. Je continue à préférer le hamac à la tente (quand la végétation le permet), précisément pour cette proximité avec le monde extérieur, pour ces instants du matin où le chant des oiseaux se mêlent au souffle du vent (et aussi parce que j’y dors bien mieux que sur le sol).

Sur les protections contre la pluie

Pour le couchage, c’est très simple, un tarp suffit, quitte à le dresser avec les pans très bas quand la pluie tombe drue. J’ai juste cousu des manchons de hamac pour en protéger d’avantage les extrémités en cas de pluie latérale.

En biclou, c’est une autre affaire. Quand il pleut du soir au matin, comme cela m’est arrivée certains jours, on teste vite les limites de son matériel. Et parfois celles-ci se présentent trop vite : l’une de mes guêtres VAUDE a tenu environ une heure : le soir, mon pied gauche faisait floc-floc et quand je posais le pied à terre de l’eau remontait entre mes orteils. Mes gants Sealskinz, vendus « waterproof » ont tenus à peine plus longtemps. Ensuite ils étaient littéralement à essorer. C’est ainsi qu’après deux heures d’usage ils ont passé le reste de mon trajet à essayer de sécher accrochés sur une sacoche (en réalité, j’en ai vite perdu un en route et le second était toujours trempé à mon retour…). Ma veste Icewear a tenu la route. Certes, elle était mouillée mais elle continuait à me protéger du vent et ainsi à me tenir chaud, ce qui était déjà pas mal ! Mais le grand gagnant toutes catégories confondues c’est le pantalon de pluie Décathlon… 15 € (donc le plus petit prix de mon équipement de pluie) qui, en dépit de la pluie battante, du vent (et parfois malgré les ronces au milieu desquelles j’étais contrainte de me déplacer pour tendre mon hamac), n’a pas laissé passer la moindre goutte d’eau !

Au final, et pour pallier les défaillances constitutives de mon matériel « Higt Tech » j’ai opté pour les remèdes bien meilleur marché : les gants Mapa (efficaces contre la pluie mais qui ne protègent pas du froid) et des sacs poubelles – modèle 10 litres – dans lesquels je glissais mes pieds avant de les recouvrir avec les inefficaces guêtres Vaude (je vous conseille d’en retirer le cordon : j’ai frôlé la chute quand j’ai voulu mettre pied à terre et que l’un d’eux s’était emberlificoté dans l’axe de ma pédale).

Par chance, quand il s’est mis à neiger, un Intermarché – ouvert le dimanche matin ! – m’a offert la plus efficace des solutions : pour 3,90 €, j’ai fait l’acquisition d’une paire de gants manutention « hiver » fourrés en laine polaire, bien plus étanches et bien plus chauds que mes Sealskinz achetés – en 2019- £33.75…

A gauche, un gant efficace – A droite, un gant « hight tech »

Sur le parcours de l’eurovélo 19

Je dois concéder qu’il ne m’a pas vraiment emballé. Non seulement il ne comporte que très peu d’itinéraires en « site propre » mais il emprunte des routes blindées de camions… dont certaines sont limitées à 90 km/h (!). Sur les trois département traversés, la palme des départements dangereux revient incontestablement à celui des Vosges. Celui de la Haute-Marne (le premier rencontré) souffre d’une absence manifeste de signalisation (impossible de suivre le trajet sans carte) mais le trajet emprunte des routes peu usitées dans une campagne charmante. Celui des Vosges signe le règne des camions qui vous frôlent à 90 km/h sur des routes qui pourraient être belles s’il était possible de lever le nez de son guidon (ce que l’on se garde bien de faire quand on circule au milieu de véhicules motorisés qui n’ont aucun égard pour vous…).

Je retiens par exemple la traversée de Neufchâteau comme le pire moment de mon voyage… Le département de la Meuse, est, quant à lui plus contrasté. Il offre également le pire (la D34 qui précède Verdun sur des kilomètres est la parfaite continuité de ce que je regrettais dans les Vosges, sauf qu’en plus la route est moche !) ; mais c’est lui qui m’a offert le meilleur : les sites en propre sont proprement ravissants, l’arrivée sur Verdun est magique et la route entre Verdun et Sedan que j’ai pourtant empruntée à fond de train souvent charmante …en dépit d’une pluie battante. C’est le long de ses canaux que j’ai vu des castors, un raton laveur, des oiseaux par centaines et que j’ai roulé le plus au calme.

Je la poursuivrais peut-être au Nord (il semble qu’elle s’y améliore) en fonction des conditions sanitaires (comme je n’aime pas la foule, en été elle peut être une position de repli si je ne peux pas partir à l’étranger comme j’en ai le dessein).


En conclusion, je suis ravie de mon voyage quasiment improvisé. Je rêvais de partir en hiver et j’ai été comblée. Outre la pluie, j’ai essuyé le gel, la neige, la grêle et le vent…. tout le temps : autant dire que c’est diablement dépaysant ! Je me suis régalée à écouter les oiseaux en faisant ronfler mon petit réchaud à bois. Certes, l’on passe beaucoup de temps à se battre contre la pluie, le froid ou à s’installer avant la nuit et beaucoup moins à pédaler : je n’ai pas battu des records avec mon kilométrage (encore que je suis assez contente des 95 km du dernier jour avec le chargement qui était le mien !) mais c’est une autre façon de profiter de son environnement. Il me restera de chouettes souvenirs et un carnet de voyage que j’ai réussi à tenir en dépit du froid avec plein d’observations de rapaces (je n’en avais jamais vus autant !) ou de maisons et de fermes abandonnées (tout au long de mon trajet malheureusement), des centaines de « pompes à vent » et de panneaux routiers « interdit sauf SAUF AYANT DROIT »… Bref, l’aventure à quelques heures de TER !

5 commentaires sur “De Langres à Sedan, en hamac et en hiver.”

  1. Encore merci pour le dépaysement , j’ai beaucoup apprécié de voyager avec toi virtuellement de mon appartement de ville, confiné en télétravail et ne voyant plus beaucoup l’extérieur

  2. Merci beaucoup pour vos gentils commentaires 🙂
    Sanji, Un cocoon c’est une enveloppe que l’on glisse autour de son hamac pour assurer une isolation thermique.
    J’avais intégralement confectionné mon premier cocoon mais le matelassage que j’avais fait s’est révélé pas assez chaud pour l’encombrement embarqué (je dois avoir des photos quelque part).
    Désormais j’utilise un cocoon snugpark (il est au Vieux par exemple : https://www.auvieuxcampeur.fr/sac-de-couchage-hamac-cocoon.html) dont j’ai malheureusement hérité.
    Afin de l’adapter parfaitement (et éviter qu’il me tombe trop sur le visage) j’ai récupéré sur mon premier cocoon le système de suspension que j’avais imaginé et je l’ai adapté sur le sugnpark. A l’usage, ce n’est pas indispensable, c’est juste un confort supplémentaire.

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