(La date de la mise en ligne des billets ne correspond pas avec celle à laquelle ils ont été écrits en raison des difficultés à accéder à internet)
Après la splendide plage de Sandy Cove (ou j’aurais parfaitement pu planter ma tente !) je n’allais pas faire encore demi tour : il ne me restait que 6 km pour rejoindre la route 220, plutôt que d’en perdre 17 .

Las, pentes vertigineuses et cailloux plus gros que des chats m’ont vite fait comprendre que le choix n’était peut-être pas judicieux… J’ai mis 2 heures pour retrouver la route ! Sur la fin, après avoir rejoint quelques habitations, chaque voiture que j’ai croisée s’est arrêtée pour me demander gentiment « are you ok ? » Ils étaient tellement étonnés de me voir là que je me suis demandé si c’était pour ma santé mentale qu’ils s’inquiétaient (la suite démontrera que la gentillesse des terreneuviens n’est pas feinte…). Évidemment, ensuite c’est le vent et les pentes qui se sont donnés rendez-vous sous mes roues. Épuisée malgré mes nombreuses « pauses flotte » (le soleil brille de mille feux !), je me suis enfin arrêtée à St Lawrence pour profiter d’une connexion Internet (il y a de très larges zones blanches sans aucun opérateur ou qui n’offre pas de connexion internet). Après avoir pianoté depuis un banc du mémorial des vétérans (très émouvant) j’ai admiré le port avec un immense navire de pêche. Sur la ville flottait un entêtant air d’accordéon. Je l’ai encore entendu en grimpant au « Harbour Park » pour remplir tous mes bidons sans réussir à en identifier la source… Et rincée par la succession de pentes plus aiguës les unes que les autres, j’ai profité d’une plateforme juste au-dessus de la route (sans doute une ancienne carrière) pour planter ma tente.

La corne de brume qui a sonné au loin toute la nuit aurait dû m’alerter mais en dézipant la porte de ma tente j’ai été surprise de ne pas voir au-delà de 3 mètres tant la brume était épaisse !
Ma veste Revit (choisie sur les conseils de Marie que je remercie vivement ! !) aussi fluo que résistante à la pluie s’est avérée indispensable pour reprendre la route et rester visible par les automobilistes !
J’étais contente d’avoir les gambettes qui tournaient toutes seules et avalaient les côtes sans barguigner quand j’ai entendu un bruit bizarre de léger claquement près de ma roue avant… 10 km plus loin (heureusement après avoir trouvé de quoi manger et m’être enfin nourrie !) le claquement est devenu craquement. Après avoir mis le bel Ernest (desarnaché) les pattes en l’air, je me suis aperçu que c’était le moyeu électrique de ma roue avant qui s’était transformé en clochette anti-ours (je ne lui en demandais pas tant !). Pour le moins dépitée par cette inquiétante découverte faite alors que je trouvais à exactement 333 kilomètres du premier magasin de vélo à St John j’ai décidé de prendre immédiatement la route de la capitale de la province en croisant les doigts pour que le bel Ernest ne me fasse pas une syncope avant d’arriver !
La nuit, pourtant bercée par les vagues juste en dessous de moi, n’a pas été très bonne…
La pluie s’est mise de la partie pendant la nuit , à 5 heures du matin j’ai profité d’une acalmie. pour plier et avaler la route pendant que les voitures sont peu nombreuses. Les craquements se sont multipliés puis ont cessé et je trouvais moins de résistance sous les roues. J’étais contente de rouler sous la pluie et de grimper sans difficulté quand 3 heures après le départ ma roue s’est soudain mise à frotter contre le frein droit lui interdisant toute velléité de poursuivre sa route : le moyeu électrique de ma roue avant était tant et si bien cassé qu’il s’était désolidarisé de l’axe et que la roue battait la campagne de droite et de gauche…
C’est ainsi que sous une pluie battante, après avoir parcouru 145 kilomètres et à près de 300 kilomètres d’un réparateur de vélo, je me suis retrouvée au bord de la route 210 avec un Ernest à l’agonie.
(oui, je me suis trompée initialement dans le titre : ces mésaventures ne se sont pas produites au 3ème et 4ème jour mais bien au 2ème et 3ème jour.)
L’aventure commence sur les chapeaux de roue ! 🙂
C’est génial à lire ! Hâte de savoir si le bel Ernest est réparé, et comment ça s’est passé.
Bonne continuation !
Il va falloir croiser la route d’un homme ou d’une femme qui a un solide sens de la mécanique. La réparation ne va pas être simple à mon avis.
Alors je découvre le terme « moyeu électrique « !! J’ai du Googliser pour comprendre de quoi tu parlais !
Et je me suis inquiété quand même un peu sur ta santé mentale quand j’ai lu « j’étais contente de rouler sous la pluie et de grimper dans difficulté » moui moui moui … dans ma vision c’était moins le kiff quand même.
Bon j’attends ta prochaine connexion internet pour savoir comment ce moyeu électrique a pu être réparé.
Bises
Il y a une faute de frappe , il fallait lire « sans » difficulté 😉
(Je corrige le billet, merci 🙂
Hâte de connaître la suite ma Belle courageuse cycliste !🙂
Tu me fais penser à un certain Stéphane R. Mais en 1988, point d’internet mais le téléphone fixe…
Bises