De Lethbridge à Garnish : où l’on profite des trésors de Terre-Neuve (20 / ?)

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J’ai retrouvé mon petit coin de paradis ! La balle de golf était toujours là, les oiseaux aussi évidemment. J’ai planté en vitesse, et puis sur la plage, immense à cette heure puisque la mer était plus loin que je ne l’avais jamais vue, j’ai fait ronfler mon réchaud à bois.

Au matin, encore à moitié endormie, ce sont des vers d’Ésope appris il y a très (très) longtemps qui me sont revenus : Μυσὶ καὶ γαλαῖς πόλεμος ἦν.

Et pour cause ! La bataille faisait rage ! Pas entre les rats et les belettes mais entre les corneilles et les goélands ! Et elle se jouait juste au-dessus de ma tête. L’enjeu était manifestement le petit promontoire sur lequel je me trouvais. Je n’ai jamais entendu des oiseaux faire autant de bruit (sauf peut-être le paypayo entendu en Guyane Française). Je pense que les corneilles ont vaincu car les goélands ont fini par partir mais la lutte a été longue et âpre.

C’est ainsi que mes journées se sont écoulées durant deux grands jours entiers. Écouter et observer des oiseaux quand je n’étais pas en train de cueillir des myrtilles, de ramasser quelques branches mortes ou d’alimenter mon réchaud à bois sur la plage.

J’ai eu deux visites, celle d’un canadien qui promenait un immense et splendide chien noir (un American Staffordshire de ce que j’ai compris, j’ai surtout retenu son nom : il s’appelait  » John Wick, comme le film  » . Et le lendemain soir, un homme et son jeune fils qui promenaient un chien tout aussi noir mais beaucoup plus petit, au rythme des poignées de myrtilles dont ils se régalaient (et ils étaient drôlement choupinets ces trois là !).

Et puis, j’ai écrit, j’ai lu et il a bien fallu que je m’en aille : je n’avais plus une goutte d’eau et j’avais attaqué férocement mes provisions (je garde toujours quelques réserves si je ne parviens pas à rejoindre l’unique et lointaine épicerie qui s’affiche sur ma carte ou bien qu’elle est close).

J’ai bien tout préparé pour partir tôt le lendemain et puis j’ai commencé à prendre une dernière fois des photos de ce si bel endroit … Pensez donc : le soleil se lève sur la baie, il me fallait l’immortaliser une fois encore, et de ceuillir des myrtilles et interroger Merlin pour savoir à qui appartient ce nouveau chant et.. et..

De haute lutte (avec moi-même !) et surtout parce que la marée qui remontait m’y a contrainte, j’ai fini par m’ensauver le cœur gros.

Encore un peu colère contre le joli sentier qui m’avait séduite pour mieux m’y piéger, j’ai pris la route ! La vraie ! Celle où l’on roule assise sur sa selle, où l’on avance, où l’on trace, la route des voitures et des vélos pressés !

Et puis le vent s’est levé. Un vent pas sympa du tout, celui qui rafale en douce sur le côté, qui vous envoie valdinguer de travers au décours de la sortie d’un bosquet, qui vous ballade de droite à gauche tel un chewing-gum au fond d’un lance-pierre (©Higelin).

Si les conducteurs Terre-Neuviens sont beaucoup plus sympas que les Français, ils semblent ignorer parfaitement qu’un vélo – cet engin un peu étrange quand il partage leur route – fait des embardées de géant quand il y a du vent de travers.

Alors, je me suis rappelé que le joli sentier était globalement bien encaissé entre les arbres, pas du tout fréquenté et ma foi… j’avais peut-être été par trop rancunière avec lui ! C’est ainsi qu’oubliant toute dignité j’ai fait demi-tour et j’ai filé me jeter dans ses bras !

De retour à Clarenville, après avoir croisé un hôtel complet, je me suis empressée de faire une réservation en ligne avec mon téléphone dans l’autre hôtel de la ville en me réjouissant qu’il l’autorise. Impossible de booker en ligne dans la plupart des hôtels : ici, on réserve par un appel téléphonique. Or, mon anglais n’est pas assez « fluently » pour m’y risquer : je me plante déjà de dates une fois sur deux dans ma langue natale, me situer sur l’échelle du temps en langue étrangère m’apparaît hors de portée ! Comme il était situé tout en haut de la ville (pentue comme savent l’être les villes de Terre-Neuve) le trouver lui-aussi complet et faire la grimpette en vain, m’aurait vraiment mise de mauvaise humeur. Après avoir croisé un jeune piéton (oui ! les piétons existent dans cette région du monde, même s’ils y sont plus que rares !) qui était près à rebrousser chemin pour m’aider à pousser mon équipage (parce que quand il y a grand vent en ville et en pente raide avec un vélo chargé, c’est « pedibus jambis que« ), je récupère une chambre immense, avec l’autorisation d’en faire profiter mon bel Ernest !


Je frissonne de froid en y entrant et je m’aperçois que la climatisation (pour l’heure réglée sur « Cool++++  » alors qu’il fait à peine 20 d⁰ dehors) est réversible !! Je la règle immédiatement sur « Heat ++++ » en appuyant de surcroît sur la touche « turbo » ! Avant de barboter dans l’immense baignoire, j’avais déjà mis à tremper quasiment tout mon linge dans le lavabo et dans ma bassine de voyage ! Par chance avant d’y jeter mon pantalon et un ultime tee-shirt, je me suis rappelé que je n’allais pas faire les courses en tenue d’Eve et que conserver quelques effets sur moi s’imposait !
Puis après un égouttage en règle et quelques courses, j’ai entrepris de tout faire sécher en une unique nuit ! J’ai consciencieusement essoré mon linge en l’enroulant puis le pressant dans toutes les serviettes de la chambre (en marchant dessus pour en extraire le plus d’eau possible) et bricolé avec mon fils à linge magique (un jour, je ferai un billet pour tout vous dire sur cette création personnelle) un étendoir au-dessus du climatiseur/radiateur (je vous passe les détails mais la bidouille était impressionnante et incluait une chaise attachée sur une table et le tréteau à bagages coincé derrière un fauteuil) avant de recourir pour les trois paires de chaussettes au sèche cheveux mis à disposition dans la chambre. Après 30 secondes d’utilisation, l’appareil s’est mis à faire plus de bruit que les enfers et à sentir le brûlé ! Comme j’ai désormais beaucoup moins peur de m’exprimer en anglais, me voilà partie à la réception en espérant en récupérer un qui fonctionne (et surtout, comme je l’avais utilisé de façon tout à fait conventionnelle, je ne me sentais pas coupable de l’avoir fait passer de vie à trépas).
J’explique ses symptômes au gentil employé qui m’indique de le suivre. Je pensais qu’il allait juste à la réserve m’en donner un autre mais non il se dirige vers ma chambre ! Là, je l’avoue, j’ai odieusement menti ! Je ne voulais surtout pas prendre le risque qu’il entre dans celle-ci ! Avec les 34 d⁰ ambiants (oui, oui, j’ai mesuré !), l’assemblage de type « les musiciens de Brême », et, parce que je n’aime pas les odeurs d’humidité, ma tente étalée sur la moquette avec l’intégralité du contenu de toutes mes sacoches répandu à ses côtés, il ne fallait surtout pas qu’il en franchisse le seuil !!
Je l’ai enjoint à ne pas aller plus loin, je n’avais plus besoin de cet appareil puisque mes cheveux étaient secs (alors que je n’ai jamais mis un engin aussi bruyant près de mes oreilles quand mes cheveux sèchent très bien tout seuls !) et je l’avais juste rapporté parce que c’était « very dangerous« . Je ne sais pas trop ce qu’il a compris de mon bafouillage mais il est retourné à son comptoir avec le sèche-cheveux agonisant et moi à mon étuve d’un soir.


Le lendemain matin, tout était absolument sec (et la chambre toute proprette, parce que je ne laisse jamais de traces de mes méfaits domestiques).

Malheureusement, avant de partir, je suis obligée de bricoler l’Ernest dont un patin de frein arrière a méchamment pris du jeu et traîne par trop sur la jante. Évidemment, je n’ai pas emporté de patins de rechange (changés avant mon départ, je n’imaginais pas que j’en ferai un tel usage, mais ici, si on freine parfois dans les descentes, on freine surtout dans toutes les montées où l’on pousse son vélo, sinon il redescend, compte tenu de son poids, à chaque foulée). Ouf, en intervertissant le patin droit et le patin gauche le frottement cesse. J’en profite pour nettoyer ma transmission et retendre ma chaîne qui en a vu de toutes les couleurs !


Une formidable cycliste qui fait le tour du monde et dort dans le même hôtel que moi, me propose une aide que je décline mais je mets tout mon pauvre anglais à contribution pour lui dire combien je trouve ce qu’elle fait « wonderful » !


Enfin, j’emprunte la Transcanadienne. Même en partant plus tard que prévu, elle est presque toute à moi (c’est fou comme les Canadiens ne roulent ni la nuit, ni le matin !). La route est splendide et je me paye même le luxe de garer Ernest sur le bord pour la traverser à pied et faire quelques photos (malheureusement les prises de vue avec mon téléphone sont de plus en plus moches).

Je rejoins bien vite la route 210 tant redoutée : c’est celle sur laquelle je suis tombée en panne et il n’y a absolument rien d’autre qu’elle sur 145 kilomètres ! Je l’ai parcourue à l’aller dans une voiture aux vitres embuées, désolée du dérangement que je causais et pétrie d’angoisse tant pour le bel Ernest que pour la suite de mon voyage !

Je découvre que l’idée que je m’en faisais, est, en réalité, totalement fausse. Les voitures n’y sont pas très nombreuses (depuis la péninsule de Bonavista et surtout la Transcanadienne, ma vision des routes a considérablement changé) et elle est absolument charmante. Évidemment le vent toujours présent souffle de face (mais je préfère cela que quand il sévit sur le côté, c’est moins casse-gueule avec les voitures) et je me régale en suivant d’abord des bords de baie puis des paysages aussi beaux qu’étranges : des énormes blocs de pierre jonchent une lande vallonnée qui borde un horizon dont on ne parvient pas à savoir s’il est minéral ou liquide.

Près de Vicuna Island

Ici, les péninsules se succèdent à perte de vue de sorte que l’on hésite toujours sur ce que l’on admire au loin. Est-ce la mer, les nuages ou les reliefs de la péninsule opposée qui se découpent dans le lointain ?

Des lacs noirs et brillants sous le grand soleil du jour forment de grandes tâches sombres comme d’immenses pointillés et s’accordent parfaitement avec les milliers et surprenants blocs de pierre qui parsèment la terre.

Même les lacs ont des récifs acérés ! J’apprends dans un guide que la progression de ces énormes et singulières roches est l’œuvre des glaciers qui ont recouvert la région.

J’y roule avec grand plaisir et avale les kilomètres plus vite que je ne l’avais prévu

Seul désagrément, et il n’est pas des moindres, des hordes de motos qui me doublent sans égard (comme si leurs conducteurs ne savaient pas combien le vent est traître en deux-roues !) Le tout dans un potin de tous les diables (leur moteur fait plus de bruit que celui d’un avion, imaginez quand ils sont trois ou quatre à la fois !). Évidemment, pas moyen de me boucher les oreilles.

Heureusement, je trouve un formidable endroit où planter ma tente ! C’était grande fortune car, je l’ai découvert à l’aller, la péninsule de Burin n’est pas tendre pour le campeur. Impossible d’y planter quoique ce soit si le terrain n’est pas stabilisé : tout est gorgé d’eau. Même y marcher est compliqué tant l’on s’y enfonce dans un espèce de bourbier végétal, et ce, quel que soit le relief : sachez qu’ici les ruisseaux cheminent même au sommet des « hills » !

Alors qu’il n’est pas tombé la moindre goutte de pluie durant la nuit et que je dors en plein vent au sommet d’une grande étendue pierreuse, ma tente, mon Ernest et tout ce qui existe alentour, est trempé jusqu’au os, au matin ! Mon petit thermomètre m’annonce un 9 d⁰ celsius et… 95% d’humidité ! L’intérieur de ma tente est affreusement humide et je profite du soleil qui chauffe déjà les lieux pour aérer et faire sécher mon duvet avant de reprendre la route.

Elle se déroule toujours sans accrocs. … Sauf que maintenant les motos circulent face à moi en sens inverse ! Et elles ne vont plus par groupe de trois, quatre, voire six mais elles se sont agrégées et tels les gangs qui sévissent dans Mad Max, elles vont par 20 ou 30 roulant à deux ou trois côte à côte, formant ainsi de longs convois infranchissables pour qui voudrait les doubler. Et évidemment, autant de bruits de moteurs d’avion… J’imagine qu’un rassemblement de motards avait lieu le samedi à Marystown. Je me suis souvenue que le code de la route canadien proscrivait l’usage des casques ou des oreillettes et j’ai résisté à munir mes pauvres oreilles de mes écouteurs anti-bruit.

Comme je n’avais aucune envie d’aller à l’hôtel et que pour y être déjà passée, je sais que le tissu urbain est assez étendu autour de Marystown, j’ai préféré planter avant d’y arriver en récupérant la place (très améliorée) du dernier bivouac avant « LA Panne » puis de rallier la ville lendemain matin.

J’ai les jambes qui tournent si bien que je regrette désormais de n’avoir pas plus de kilomètres à faire.

Mais avaler les bornes signifie aussi rejoindre le ferry et quitter le Canada. Et j’avoue que j’en ai de moins en moins envie… Initialement je pensais rejoindre le petit bout de France outre Atlantique pour aller végéter à Miquelon quelques jours en attendant le Neoliner Origine mais je suis si bien ici, c’est si beau et les gens tellement gentils que je n’ai pas envie de « quitter la proie pour l’ombre » (expression que j’emploie si souvent que je crois que cela me vaut quelques quolibets au boulot, certain.e.s lecteurs.trices souriront peut-être).

Après Marystown, je continue sur Garnish en espérant me poser tranquillement et j’y parviens après une fabuleuse ceuillette de myrtilles (je n’allais pas laisser ces pauvres petits fruits bleus violacés tout esseulés sur le bord de la route !!).

Le village n’est pas très grand et je l’ai surtout parcouru par ses nombreux sentiers de trail en cherchant, sans y parvenir, un endroit où me poser, mais je crois que la moitié de ses habitants m’ont parlée !

Après avoir rassuré les quelques conducteurs qui me proposaient de l’aide et de charger l’Ernest dans leur coffre (certaines de ses pentes sont difficiles à franchir … même pour les voitures !) j’échoue à trouver le moindre coin où planter. L’heure étant tardive, je finis par me poser tout au bout du village devant le Garnish waterpark (sans aucune surveillance) où un ponton a été jeté au milieu de la large et splendide Garnish River traversée par un petit pont suspendu qui prolonge le sentier de trail.

J’y étais absolument seule au monde. Pas pour longtemps ! Il y a d’abord le bateau qu’on vient mettre à l’eau puis le canoë qui remonte le cours de l’eau et le défilé des quad qui tracent le sentier en passant par le pont. Tous très gentils et très affables. Une grande et gaillarde dame avec un chien de même gabarit assis derrière elle, vient m’expliquer quelque chose mais je ne comprends pas. Elle file un peu plus loin récupérer une connexion internet et revient avec son téléphone en main pour me faire lire son traducteur : il y a un coin beaucoup plus joli là haut ! Et elle veut m’emmener sur son quad pour le visiter ! Mais il commence à être tard et je sais que ‘là-haut » n’a pas du tout la même signification en quad qu’en vélo (la puissance de ces engins est proprement stupéfiante) : je décline sa proposition (en lui expliquant que je suis très fatiguée pour ne pas la vexer).

Elle s’ enquiert alors de savoir si j’ai de l’eau et surtout à manger. Quand je lui ai montré mes myrtilles, elle a fait la moue en m’expliquant que cela ne nourrissait pas assez ! Me voilà obligée de lui expliquer que j’avais  » a lot of meal !! » Les yeux pleins de bienveillance, elle a fini par m’abandonner.

Elle était à peine partie qu’un conducteur s’arrête pour me proposer du poisson frais ! Puis, il y a eu les fumeurs de chanvre et… et…

J’ai fini par réussir à fermer le zip de ma tente pour me faire cueillir par une belle tempête le lendemain matin.

Placée comme je l’étais devant la River, véritable couloir de vent, ma petite tente en a vu de toutes les couleurs mais elle a vaillamment tenue ! La météo consultée prévoyait deux jours de grain. Je me voyais mal rouler et j’avais échoué à trouver une meilleure place hier ; évidemment je regrettais de ne pas l’avoir fait ce tour de quad avec la dame et le chien gaillards !

Et puis, durant une accalmie de l’après-midi, un homme est venu me voir en quad pour me dire que le vent risquait de souffler encore plus fort cette nuit et de m’indiquer un sentier sur lequel je serais bien mieux abritée. Après l’avoir grandement remercié, je laisse l’Ernest, la tente et toutes mes affaires et je pars en exploration : 700 mètres plus loin, je découvre un endroit absolument parfait sur un sentier bordé de centaines de framboisiers !

En revenant pour abattre mon campement et l’y déplacer, j’entends de loin des bruits de moteur et une conversation : le conducteur était revenu me voir pour m’apporter une large portion de poisson fumé, et comme il ne m’avait pas trouvée, il l’avait laissé à une gente flâneuse qui promenait son chien, à charge pour elle de me le remettre quand je reviendrai ! C’est à ce moment que j’ai compris que ces grands Terreneuviens au physique athlétique, voire corpulent (et, à mon avis, beaucoup plus habitués aux sports mécaniques qu’aux efforts d’endurance) et bien… ils me trouvaient vraiment trop chétive pour me trimballer avec pareil chargement (« fit and strong » l’un d’eux m’avait dit) : donc – forcément ! – je n’étais pas assez nourrie ! Ils étaient tout simplement inquiets pour ma santé. J’ai laissé le poisson (que je ne sais ni préparer, ni cuisiner) à la promeneuse et riant à moitié, j’ai été planter ma tente plus loin avant de me gaver de framboises !

  • Je suis désolée pour le peu de photographies illustrant ce billet mais le Bel Ernest avait le vent en poupe.

(Le billet précédent est ici / et le billet suivant est …)

3 commentaires sur “De Lethbridge à Garnish : où l’on profite des trésors de Terre-Neuve (20 / ?)”

    1. ah ah ah, j’avais un peu honte de transformer la chambre en buanderie : je n’en ai même pas laissé de trace dans mon téléphone 🙂
      Je vous embrasse très très (très très ! !) fort ❤️❤️❤️

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