Bientôt, rejoindre Saint-Nazaire (25/ ?)

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Me lever aux aurores, voir le soleil se lever puis observer les oiseaux — les belles arabesques des océanites tempête mais parfois le vol langoureux de grands oiseaux qui nous survolent en lignes droites — regarder la mer et ses hypnotiques vagues aux mille formes et de mille nuances de bleu, de vert et parfois de noir, s’extasier quand les dauphins nous poursuivent et bientôt nous dépassent en quelques bonds, guetter les souffles de baleine et parfois voir une queue qui s’élève avant de disparaitre dans l’océan.

Rien de comparable avec le spectacle observé en juillet mais cela n’a pas d’importance. Je mesure simplement la chance que j’ai eu d’assister au premier.

C’est ainsi que les jours passent et se ressemblent avec un temps qui, sans hâte, est devenu plus clément.

J’essaie de recaler mes nuits sur un rythme plus compatible avec la vie sociale à bord sans y parvenir. Quand le soleil se couche, je m’éteins presque aussitôt.

Au matin, bien avant que les rayons du soleil ne dépassent l’horizon, je sors sans bruit de ma cabine, vêtements roulés en boule sous un bras, téléphone et liseuse sous l’autre pour m’habiller plus loin en veillant à ne pas déranger mon voisin de chambrée.

J’ai sorti de mes sacoches – pour y boire mon café au lait matinal – mon grand quart de voyage, celui qui aime autant que moi mon réchaud à bois : sa profondeur a représenté une sécurité dans cette houle qui nous a bercé durant une grande partie de la traversée.

Si je profite encore de ce bel océan, rentrer est quand même moins inspirant que partir et après plus de deux mois d’absence, l’envie de prendre pied et d’enfourcher mon bel Ernest pour filer embrasser ma marmaille se fait de plus en plus pressante.

Par chance, en s’approchant de la terre ferme, le grand soleil est revenu et l’on traine avec plaisir sur le pont immortaliser une fois encore ses splendides crépuscules et, pour les matinaux dont je suis, ses aurores aux doigts de rose.

Aujourd’hui, comme s’ils s’étaient donnés le mot pour nous faire la parade, les dauphins n’ont cessé de défiler sous ses premiers rayons. Je les ai vus arriver de loin, incrédule tant l’instant était magique. Seule sur le pont dans une lumière encore endormie à me régaler des reflets mêlant l’argent, l’or et le pourpre, l’éclat sombre de leurs bonds est venu déchirer la mer. Bientôt suivis par d’autres bancs.

Et durant une heure, que je me trouve à bâbord ou à tribord, je me réjouissais de les voir une dernière fois, mesurant combien mon enthousiasme à récupérer le bel Ernest pour pédaler une dernière fois était déjà beaucoup moins impérieux !

Depuis que l’on a dépassé les champs d’éolienne off shore, la côte défile sous nos yeux, les phares mais aussi les châteaux d’eau ponctuent de microscopiques maisons à tribord quand des énormes barres d’immeubles balafrent la côte à bâbord.

Nous avons rejoint notre zone de mouillage, l’équipage enchaîne les essais à bord devant une file de bateaux de taille et de couleurs diverses qui semblent tous attendre le feu vert (plus vraisemblablement le pilote) pour entrer dans le port de Saint-Nazaire.

Demain, notre tour viendra…

Mais comme la journée n’était pas terminée, le clou du spectacle est arrivé ensuite : nous avons croisé le Belem qui a fait tout le tour de notre navire (deux bateaux à voiles et quelques siècles en vis à vis !) et les deux bâtiments se sont salués à grands coups de cornes de brume !

Le Belem

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6 commentaires sur “Bientôt, rejoindre Saint-Nazaire (25/ ?)”

  1. Magnifiques photos. J’ai eu la chance la semaine dernière de voir pour la première fois de ma vie 3 dauphins en Normandie dans la Manche.
    J’étais comme une gamine !
    Bravo pour tes merveilleux récits !
    Grosses bises et bon retour !

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