Jours 2 bis et suivants : cétacés et passagers clandestins

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Les jours se suivent et se ressemblent. Nous changeons maintenant d’heure tous les deux jours : à chaque fois nous gagnons une heure de sommeil. Précisément quand nous n’en avons pas besoin. Entre la quasi absence d’activité physique et le bruit lénifiant des vagues sur la coque, même les siestes parviennent à se multiplier au cours d’une même journée ! Deux alertes de sécurité (alerte au feu puis alerte au radeau de sauvetage) et surtout l’enfilage des combinaisons d’immersion nous ont tenu lieu de diversion. Après avoir enfilé la mienne, j’ai réalisé que contrairement à l’usage à laquelle elle était destinée, je me noyais littéralement dedans, ce qu’un regard sur les préconisations de taille et de poids me confirmait : trois comme moi pouvaient y entrer ! Souhaitons que je n’ai pas à devoir l’utiliser !

J’arpente facilement le pont, mes jumelles à portée de main. Il faut dire que c’est le festival des cétacés ! Il y a bien longtemps que je ne compte plus les souffles de baleine observés et bientôt celui de leur ailerons que je vois fendre les vagues avant de plonger. Les dauphins se font plus rares à mes yeux mais quand ils se donnent à voir, c’est le grand spectacle ! Ils glissent le long de la coque, ils bondissent et rebondissent, je suis à chaque fois émerveillée de les voir si proches et si agiles. Les beaux oiseaux sont toujours là, dès les premières heures du jour j’observe leurs belles plumes (grises dessus et blanches dessous) scintiller dans la lumière rasante : formes en contre-jour d’un côté, éclair de lumière de l’autre bord, ils semblent manifestement décidés à nous accompagner tout au long du voyage.

Et puis il y a Bertille ! Présente depuis le premier jour et qui, sans doute égarée là par hasard, volète d’un passager à l’autre, battant de façon un peu désordonnée ses grandes ailes marron de papillon. Au soir du quatrième jour, un peu inquiète de son sort mais concentrée sur un groupe de baleines dont les souffles simultanés m’hypnotisaient , j’ai eu la surprise de la voir, depuis mes jumelles, revenir du large vers le navire sans doute y trouver un abri pour la nuit, sa quête d’une terre plus accueillante ayant échoué. Malheureusement, depuis hier, je ne vois plus Bertille et je lui souhaite d’avoir trouvé un refuge sur le pont le temps pour elle de s’envoler à la prochaine escale à Saint-Pierre.

Quelque part, il y a Bertille

J’ai appris ce matin, qu’elle n’est pas la seule à chercher la terre promise : cette nuit, un passager clandestin, aussi fatigué et affamé qu’elle, a été découvert dans les cales.

1 commentaire pour “Jours 2 bis et suivants : cétacés et passagers clandestins”

  1. Toi qui est si douée en couture, je suis sûre que tu peux ajuster la combinaison à ta taille ! Incroyable cette histoire de passager planqué dans la cale, comment réagit l’équipage ? J’espère qu’il n’est pas aux fers… Embrasse Bertille de ma part.

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