Il y a l’espace qui est singulier. Le temps l’est également. Si le bruit des vagues nous rappelle en permanence que l’on avance, le temps s’arrête souvent. Pas question pour moi de mener la vie de puce surexcitée que j’affectionne tant. Si être active me permet de diriger mes pensées sans craindre de laisser mon esprit dériver vers des souvenirs plus sombres, ici tout est différent. Il me faut accepter d’être passive ou à tout le moins de s’occuper paisiblement, sans sueur, sans excitation. Je redécouvre les plaisirs de la lecture (abandonnée depuis des lustres pour les raisons susdites) et de la contemplation. Il faut dire que le spectacle est grandiose. Le soleil fait luire de mille feux une mer presque étale. Et quand il se voile, les nuages se déchirent par endroit et laissent flotter sur la mer, devenue noire tant elle est profonde, un miroir de lumière. Comme un puits qui iridie soudain pour créer une patinoire géante.

Il y a les bateaux qui viennent ponctuer l’infini horizon, d’abord les bateaux de pêche agrémentés de leur nuée de mouettes, ensuite les lourds cargos dont le pont disparaît sous les containers et plus tard, quand la terre est très loin, il y a le léger catamaran croisé à tribord et qui semble si fragile au milieu de cet océan.
Et puis, il y a surtout les cétacés qui semblent s’être donnés le mot pour nous faire le grand show ! Les bancs de dauphins se succèdent d’abord. Ils virevoltent contre les flancs du navire et ce faisant nous montrent leur ventre (plutôt jaunes ce sont des dauphins, plutot blancs – et plus petits – ce sont des marsouins paraît-il). Peu m’importe l’espèce, je suis ravie comme une enfant ! Plus tard ce sont les baleines qui prennent le relais. A bâbord, à tribord, les informations circulent plus vite que la lumière dans le navire et chacun fonce vers la baie vitrée la plus proche, voire la passerelle – formidable point d’observation – pour admirer leur jet s’élever au-dessus des vagues, parfois leur ailerons, voire, pour les plus chanceux qui un bout de queue, qui un flanc marbré de noir profond et de blanc laiteux.
Enfin, il y a ces oiseaux gracieux qui chassent loin, très loin de la terre, là où il n’y a plus de bateaux de pêche et où, sans concurrence , ils frôlent du bout de leurs ailes la mer et ses bancs de poissons comme d’immenses hirondelles de mer qui joueraient dans le vent. Ma connexion est trop mauvaise pour savoir ce qu’ils sont, mais ils figurent tout en haut de la liste de mes futures investigations. Et non, il n’y a pas de photos pour illustrer mon propos, je n’ai attrapé avec mon mauvais téléphone que quelques points au lointain, au mieux un peu d’écume, tout cela est bien trop décevant au regard du spectacle grandiose qu’ils nous ont livré !
Roh j’aurais adoré voir les cétacés. J’adore ça.
Continue de nous faire rêver avec ton merveilleux récit. C’est formidable.
PS : suis heureuse de te savoir à nouveau lectrice. 🙂
❤️❤️❤️ j’espère a très bientôt !
Je t’embrasse fort !
Tu contemples ton âme dans le déroulement infini de sa lame et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer…